Camus en 1946

Ce site a déménagé
 

Références sur demande

Janvier
– Camus habite au 17 rue de l’Université, VIIè arrondissement à Paris.
– Camus séjourne à Cannes avec Janine et Michel Gallimard.

17, rue de l’Université, de nos jours

 Lettre au directeur de La Nef.  Retour sur une critique de Caligula rédigée par Henri Troyat. ..« …je commence à être légèrement impatienté par la confusion continuelle qui me mêle à l’existentialisme. » La Nef: Revue dirigée par Robert Aron et Lucie Faure, publiée aux éditions Albin-Michel
2. Paris. Lettre à Jean Amrouche 
5. Paris. Lettre à Louis Guilloux 
5. Lettre à Roger Milliex. Thème : les souffrances de la Grèce lors de l’occupation allemande. 
7. Lettre aux Services culturels du Quai d’Orsay au sujet de son prochain voyage aux U.S.A.
9. Paris. Lettre à André Malraux, 19 bis avenue Victor-Hugo, Boulogne 
15. Paris. Lettre à Maria Casarès. La mère de Maria vient de mourir.
20. Bougival. Lettre à son ancien instituteur, Louis Germain. « N’oubliez pas votre fils spirituel. »
20. Bougival. Lettre à Nicola Chiaromonte.  « Toute l’Europe en est là. Elle pue la misère et l’exil. Et pour nous tous, cet hiver n’en finit plus. »
24. Bougival. Lettre à Camille Bourniquel , poète et romancier
26. Publication dans la revue Terre des Hommes d’un texte intitulé Un style de vie. « Le monde change et, avec lui, les hommes et la France elle-même.  Seul l’enseignement français n’a pas encore changé. Cela revient à dire qu’on apprend aux enfants de ce pays à vivre et à penser dans un monde déjà disparu. » Terre des Hommes  est un hebdomadaire publié par Gallimard et dirigé par Pierre Herbart de septembre 1945 à mars 1946.

 Février
– Publication de Le Minotaure ou La Halte d’Oran dans le numéro 13 de la revue L’Arche. Quelques variantes entre cette pré-publication et le texte paru dans L’Été.
1er. Bougival, département des Yvelines en région Île-de-France. Toute la famille Camus s’y trouve avec la sœur de Francine, Christiane Faure.
2. Bougival. Repas familial avec Louis Guilloux. 
2. Bougival. Lettre à Nicola Chiaromonte
2. Bougival. Lettre à Jean El-Mouhoub Amrouche
3. Bougival
4. Bougival  
5. Bougival. Lettre à Nicola Chiaromonte
6. Bougival
7. Bougival
8. Bougival
9. Bougival
10. Bougival
11. À partir de cette date, les Camus seront hébergés chez Janine et Michel Gallimard au 17, rue de l’Université jusqu’à la location de leur appartement de la rue Séguier en décembre 1946.
14. Paris. Déjeuner avec Jean El-Mouhoub Amrouche, Edmond Charlot, Jules Roy.
20. Paris. Lettre à Jean Grenier. « J’ai perdu mon oncle Acault (Gustave) » « Je voudrais montrer que c’est le seul type d’homme (l’homme méditerranéen) qu’on puisse encore opposer à l’homme russe et à l’homme atlantique entre lesquels on veut nous faire choisir. » 
20. Camus rencontre Louis Guilloux à Paris.

Mars
4. Lettre à Louis Bardou. Camus a refusé de poser sa candidature à l’Académie française.  « La vie ou la mort de l’Académie française me paraît chose futile. »
4. Paris. Première lettre connue à René Char , écrivain.

René Char
Camus avec René Char. 1948

7. Paris. Lettre à Roger Martin du Gard 
7. Camus reçoit son visa pour les États-Unis.
7. Paris. Lettre à Louis Germain.
8. Paris. Lettre à Louis Guilloux 
10. Train Paris-Le Havre. Il rencontre son compagnon de cabine, le psychiatre Pierre Rubé. 
10. Camus embarque au Havre sur le cargo l’Oregon en direction de New York. 
11. L’Oregon quitte Le Havre. 

Cargo-mixte de la Compagnie générale transatlantique construit en 1928. Il est affecté à la ligne Le Havre-New York de 1945 à 1948

12. Sur l’Oregon« …je lis La Guerre et la Paix. Comme j’aurais été amoureux de Natacha ! » 
13. Sur l’Oregon.  « Lever avec fièvre et vague angine. » 
14. Sur l’Oregon.  « Sale journée avec le froid de la grippe. » 
15. Sur l’Oregon
16. Sur l’Oregon
17. Sur l’Oregon
18. Sur l’Oregon. « Pour la première fois, la mer est calme. Les passagers remontent sur le pont comme des champignons après la pluie. »

Sur le pont de l’Oregon. Au centre, Camus, sous la fille.

19. Sur l’Oregon
20. Sur l’Oregon
21. Sur l’Oregon
22. Sur l’Oregon
23. Sur l’Oregon
24. Sur l’Oregon. Ancrage dans la baie de New York. « Au loin les gratte-ciel de Manhattan sur un fond de brume. » 
25. Débarquement à New York. « Je ne débarque qu’à 11 heures après de longues formalités où seul de tous les passagers je suis traité en suspect. »
25. Camus est accueilli par Nicola Chiaromonte, écrivain antifasciste italien et Pierre-André Émery, architecte et ancienne connaissance algéroise du cercle du Théâtre du Travail
26. Il donne une conférence de presse à New York.
26. Il va voir Régine Junier, modiste française vivant à New York qui avait envoyé plusieurs colis de vivres à Camus. 
26. Dîner au Rubens
27. Déjeune dans un restaurant français avec Chiaromonte et Rubé.
27. Dans son hôtel de le 70ème rue Ouest, Camus rencontre Abbott Joseph Liebling, reporter du New Yorker, qui rédigera un article sur Camus qui paraîtra le 20 avril.
27. Il rencontre les écrivains Vercors et Thimerais ainsi que O’Brien, traducteur américain des œuvres de Camus.
27. Verre avec Gral à l’hôtel Saint-Regis. 
28. Conférence devant des étudiants américains au McMillin Theatre de l’Université de Columbia, New York : La Crise de l’Homme. On retrouve également Vercors et Thimerais, écrivain résistant de son vrai nom Léon Motchane. Texte de la conférence dans La Pléiade II.
En 2016, pour commémorer le 70ème anniversaire de cette conférence, à la même date et au même endroit (renommé Miller Theatre en 1988), Viggo Mortensen lit, en anglais, le texte de Camus. Sur YouTube
https://www.youtube.com/watch?v=aaFZJ_ymueA&t=2
28.  Camus rencontre le fondateur des Éditions de La Pléiade, Jacques Schiffrin ainsi que Dolorès Vanetti-Ehrenreich, surnommée la deuxième muse de Jean-Paul Sartre. 
29. Camus va chez Knopf, son éditeur aux USA.
30. Déjeuner avec Pierre Rubé et Pierre de Lanux suivi d’une balade en automobile dans New York (Fort Tryon Park au nord d’Harlem) avec Harald Bromley, jeune aspirant producteur qui veut monter Caligula et qui sera, par ailleurs,  le chauffeur de Camus lors de son voyage au Québec. 
30. Autre promenade en auto dans la banlieue du New Jersey à East Orange « la campagne la plus carte postale qui soit, avec des milliers de cottages propres et nets comme des jouets au milieu de grands peupliers et de magnolias. » 
30. Rencontre Régine Junier. Promenade dans New York.
Régine Junier fut la marraine de guerre de la famille Camus à laquelle elle fait parvenir des provisions pendant et après l’Occupation. Régine Junier, dans une lettre à Camus datée du 11 juin 1951, annoncera son intention de se suicider. Quelque temps après, elle mettra à exécution cette intention.
31. Promenade à Staten Island avec Nicola Chiaromonte et Lionel Abel, critique d’art et critique littéraire qui travaille pour la Partisan Review. Dîner dans Chinatown.

Avril
1er. Promenade avec Georgette Pope de Nouvelle-Calédonie. « Du haut de l’Empire States (sic), par un vent glacial, nous admirons New York, ses vieilles eaux et ce débordement de pierres. »
1er. Déjeuner avec la femme de Saint-Exupéry, « une délirante ».
1er. Entretien à l’École libre des Hautes Études (?).
1er. Soirée en boîte avec Jacques Schiffrin : Leon & Eddie’s

2. Il va au French Institute : « emmerdant ».
2. Soir. Dans une boite « nègre » avec le Dr Jerry Winter.
2. Nuit. Dans le quartier de la Bowery. Rencontre Waldo Frank, journaliste et écrivain. 
6. Conférence au Collège de jeunes filles Vassar. Il traite du théâtre français d’aujourd’hui. 
7. Camus est à Poughkeepsie. L’après-midi avec des étudiants.
8. Au Metropolitan Museum de New York.
8. Soir, au Cirque.
11. Il est à Cambridge, Massachusetts.
11. Parution de la version américaine de L’Étranger.
14. Lettre à Nicola Chiaromonte
15. Causerie sur La crise de l’homme à la New School for Social Research de Manhattan. 
15. Il rencontre Michel Vinaver (de son vrai nom, Michel Grinberg) à la fin de la causerie. Michel Vinaver, Français de dix-neuf ans, d’origine juive, réfugié avec sa famille aux États-Unis depuis 1941 et étudiant à Wesleyan University dans le Connecticut. 

Michel Vinaver (1927)

16. À New York, séance de photographie dirigée par Jessica Daves, Managing Editor de Vogue.
16. Conférence à l’Institut français 
16. À New York, il rencontre Patricia Blake, 19 ans, Vogue Apprentice. Elle parle très bien le français et écrit des articles pour la section littéraire du New York Times.

Patricia Blake (1925-2010)

17. Journée passée avec Patricia Blake. 

19. Nuit dans le quartier de la Bowery et ses cabarets. 
19. Journaux de voyage : « Ma curiosité pour ce pays a cessé d’un coup. Comme de certains êtres dont je me détourne sans explication et sans plus d’intérêt. »
20. New York. Lettre à Janine et Michel Gallimard, signée Al Capone.
22. New York. Camus rencontre Michel Vinaver en présence de Patricia Blake et du poète Léon-Gontran Damas, cofondateur du mouvement de la négritude.
23. Washington
24. Washington
25. Philadelphie. Conférence : La crise de l’homme. Donnée au Bryn Mawr College. 
26. Philadelphie
29. Causerie sur La littérature française d’aujourd’hui au Wellesley College à Wellesley, Massachusetts. Causerie annulée pour cause de maladie. 
29. New York. Lettre à Michel Vinaver. « Venez donc vendredi à 17 heures, chez moi. Et n’y mettez pas tant de façons, je ne suis pas Greta Garbo (Bogart?). »

 Mai.
1er. Camus termine sa tournée de conférence au Brooklyn College.  Conférence : Sommes-nous des pessimistes? 
3. New York. Camus s’entretient avec Michel Vinaver. 
6. New York. Lettre à Michel Gallimard. « Sais-tu comment m’appellent les filles de Vogue : The Young Humphrey Bogart!!! Tu sais, je pourrais avoir un contrat de cinéma quand je voudrais. »
24. Sur la route entre New York et Montréal
25. Sur la route entre New York et Montréal à travers les Adirondacks. 
26. Downey Camp,  Clayburg, Adirondacks, NYS. Lettre à Patricia Blake. « Le seul désir qui valait quelque chose était celui de te garder près de moi (…). Finalement, j’ai demandé à B. (Harald Bromley) de rentrer plus tôt. » 

Camp Downey en 1910, à 130km de Montréal.

27.  À Québec. Un texte de Camus qui fait plaisir à votre serviteur, originaire de la ville de Québec. « Le prodigieux paysage de Québec. À la pointe du cap Diamond (sic) devant l’immense trouée du Saint-Laurent, air, lumière et eaux se confondent dans des proportions infinies. Pour la première fois dans ce continent l’impression réelle de la beauté et de la vraie grandeur. Il me semble que j’aurais quelque chose à dire sur Québec et sur ce passé d’hommes venus lutter dans la solitude poussés par une force qui les dépassait. »
28. Montréal. Conférence à l’Auditorium du Plateau. La conférence, prévue sous l’instigation de l’éditeur canadien Lucien Parizeau, est annulée, du fait de menaces reçues et par peur d’un chahut mémorable. Camus est très déçu, lui qui explique : « J’aime bien la bagarre. » Les pétainistes de Montréal sont les responsables de ces menaces.
Il n’est pas inutile de souligner que Jean-Paul Sartre a pu donner une conférence devant plus de 600 personnes à l’hôtel Windsor de Montréal le 10 mars précédent sans être importuné par les pétainistes.

Le Canada, édition du 20 mai 1944

Juin 
– New York. Lettre à Ellen Leynaud, veuve du résistant René Leynaud, exécuté par la Gestapo à Lyon le 13 juin 1944.
1er. Parution dans Vogue d’une interview.  On y voit la célèbre photo de Cecil Beaton qui a valu à Camus la comparaison avec Humphrey Bogart. 

2.  New York. Lettre à Janine et Michel Gallimard. Camus en a assez de l’Amérique.
5. Parution d’une interview d’Albert Camus par Dorothy Norman dans le New York Post. « I Revolt – We are ! » 
11. Départ de New York. Camus s’embarque sur un cargo qu’on appelle un banana steamer (Camus l’appelle simplement Banana) à destination de Bordeaux.  Il rencontre, à bord, Robert Vignon, chef de cabinet du Ministre de l’agriculture, Tanguy-Prigent. 

SS Abangarez. A United Fruit banana carrier. C’est sur un cargo de ce type que Camus fit la traversée New York-Bordeaux.

12. Sur le banana steamer

Camus sur le pont du Banana Steamer. Juin 1946

13. Sur le banana steamer
14. Sur le banana steamer
15. Sur le banana steamer
16. Sur le banana steamer
17. Sur le banana steamer
18. Sur le banana steamer
19. Sur le banana steamer
20. Sur le banana steamer
21. Sur le banana steamer
22. Sur le banana steamer
23. Arrivée à Bordeaux
24. Paris. Lettre à Patricia Blake. « Pat chérie, me voici arrivé dans mon vieux Paris après douze jours de mer et un jour de route qui ont été pleins de toi, de mes regrets et de cette chose désespérante et merveilleuse qui a été entre nous. »
28. À la défense, devant les autorités judiciaires, de Gaston Gallimard, accusé de collaboration avec l’ennemi.

Juillet
– Il reçoit la rosette de la Résistance, instituée à Londres par le Général de Gaulle. C’est une distinction supérieure `a la médaille. La rosette ne fut remise qu’à 4345 personnes. (Sartre n’était pas de ce nombre… désolé, je ne pouvais pas résister)
– Il séjourne chez Brice Parain.
1er. Paris. Participation  à une émission de vingt minutes de la Tribune de Paris, sur la chaîne nationale, sur le problème algérien, en compagnie de Ferhat Abbas (député de Constantine), Jean Amrouche, Raoul Borra (député-maire de Bône), Kaddour Sator (député de Constantine) et Paul-Émile Viard (député d’Alger). (On peut entendre ce débat sur YouTube).
8. Paris. Lettre à Patricia Blake. « Il faut que j’y (en Seine-et-Marne) termine  La Peste (…) Je trouve ce livre manqué (…) je ne suis pas disposé en ce moment à le publier. »
18. Paris. Lettre à Patricia Blake. «…je pensais à New York, à cette île où nous avons vécu et j’avais du mal à faire taire ce bondissement en moi, cette découverte que j’avais été heureux, que c’était cela le bonheur. »
19. Paris. Lettre au R. P. Jean-Augustin Maydieu, directeur de la revue dominicaine La Vie intellectuelle
19. Paris. Lettre à Nicola Chiaromonte  
19. Lettre à Victoria Ocampo, éditrice argentine de la revue Sur.
27. Lettre à Francis Ponge au sujet d’un recueil commémoratif à la mémoire de René Leynaud, résistant fusillé par la Gestapo à Lyon le 13 juin 1944.

René Leynaud (1910-1944) , journaliste, poète et résistant.

29.  Paris. Lettre à Patricia Blake. « Je n’arrive pas à retrouver mon équilibre. Je ne puis dire que ma vie était très heureuse avant mon départ pour l’Amérique mais je la supportais et par ailleurs je courais d’être en être. »

Août
5. Camus part pour  Les Moutiers-en-Retz en Loire-Atlantique, chez la mère de Michel Gallimard qui habite le château des Brefs sur l’ancienne commune de Clion. Il s’y installe avec sa famille.
10. Interviewé par Gaëtan Picon du Figaro littéraire
12. Les Moutiers-en-Retz en Loire-Atlantique. Lettre à Patricia Blake. « Je ne pense à rien d’autre qu’à un livre (il est en train de rédiger La Peste) et à toi (mais c’est la même chose parce qu’il y est souvent question de séparation). »
19. Les Moutiers-en-Retz, Vendée. Lettre à Victoria Ocampo au sujet de la première édition en espagnol de L’Étranger.
21. Les Moutiers-en-Retz, Vendée. Lettre à Patricia Blake. « Je ne sais pas encore si je l’appellerai La Terreur ou La Peste»
26. Les Moutiers-en-Retz en Loire-Atlantique. Lettre à Michel Vinaver. 
26. Lettre à son ancien instituteur, Louis Germain.
27. Paris. Lettre à Nicola Chiaromonte. « Et je viens de terminer La Peste. Mais je suis si loin de trouver ce livre bon que je doute de le laisser publier. À quoi bon faire partager à d’autres ma déception, qui est  profonde. » Avant que les contempteurs de La Peste ne sorte le champagne, il faut lire ce qui suit plus loin dans la lettre. « Mais je me sens diminué en ce moment et assez désemparé. Je n’ai plus la même confiance en moi. »

Septembre
12. Les Moutiers-en-Retz. Lettre à Louis Guilloux. « J’ai fini La Peste» 
14. Paris. Lettre à Patricia Blake
23. Paris. Lettre à Francis Ponge. « La Peste est finie. Mais je n’ai pas envie de publier ça, ni autre chose. » 
23. Paris. Lettre à André Malraux

 Octobre
– Carnets. Cahier V. Entrée de journal
3. Lettre à Patricia Blake. « … le plus beau pays du monde : Lourmarin, un petit village du Vaucluse à 60 km d’Avignon. »
16. Lettre à Richard Wright, écrivain américain.
17. Paris. Lettre à Harald Bromley avec qui il a fait le voyage à Montréal lors de son séjour en Amérique.
17. Lettre à Marc Blancpain. « Je n’aime pas beaucoup faire des conférences. » 22. L’association Civilisation, fondée en 1946, invite Camus à  participer à une table-ronde autour du sujet « Le destin de l’individu dans le monde actuel ». Camus énonce des idées que l’on retrouvera dans L’Homme révolté. Autres participants : Georges Friedman, Maurice de Gandillac, Pierre de Lanux, Maurice Merleau-Ponty et Jean Wahl. 
23. Paris. Dîner « avec une ravissante, amie d’un ami  (Jules Roy). »
24. Paris. Lettre à Louis Guilloux
29. Paris. Il participe à une réunion chez André Malraux, à Boulogne-sur-Seine,  où l’on retrouvera Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Arthur Koestler et Manès Sperber, juif allemand qui avait fui l’Allemagne de Hitler. Thème : Nécessité de définir une morale politique minimum. Koestler et Sartre en viennent au poing. 
29. Carnets. Cahier V
31.  Souper dans un bistro arabe avec Francine, Mamaine et Arthur Koestler, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Suivi d’une soirée dans un night-club russe, le Schéhérazade.

Novembre
2. Camus et Francine se rendent à un petit bal rue des Gravilliers avec Arthur Koestler et sa femme Mamaine ainsi qu’avec Sartre et Beauvoir.
7.  Albert Camus a 33 ans.
8. Paris. Lettre à Patricia Blake. « Finalement, j’ai décidé de la publier (La Peste) telle quelle, comme ça l’échec sera complet et cela m’apprendra la modestie. »
12. Paris. Lettre à Suzanne Labiche qui vient d’être engagée comme secrétaire de Camus.
13. Paris. Lettre à André Malraux
14. Paris. Lettre à Nicola Chiaromonte
18. Paris. Maison de la Chimie. Camus fait lire un texte de lui à Jean Amrouche lors de la célébration du XIXème anniversaire de l’accession au trône  du sultan marocain Sidi Mohamed Ben Youssef. 
19.  Dans Combat. Début de la série de huit articles intitulée :  Ni victimes ni bourreaux. 1er article : Le siècle de la peur. 
19. Lettre à René Char
20.  Dans Combat. Série de huit articles intitulée :  Ni victimes ni bourreaux. 2ème article : Sauver les corps. 
21.  Dans Combat. Série de huit articles intitulée :  Ni victimes ni bourreaux. 3ème article : Le socialisme mystifié. 
22. Lourmarin, département de Vaucluse. Télégramme à Louis Guilloux. 

Lourmarin, Vaucluse

23.  Dans Combat. Série de huit articles intitulée :  Ni victimes ni bourreaux. 4ème article : La révolution travestie « …il me semble que les hommes qui désirent aujourd’hui changer efficacement le monde ont à choisir entre les charniers qui s’annoncent, le rêve impossible d’une histoire tout d’un coup stoppée, et l’acceptation d’une utopie relative qui laisse une chance à la fois à l’action et aux hommes. » 
26.  Dans Combat. Série de huit articles intitulée :  Ni victimes ni bourreaux. 5ème article : Démocratie et dictatures internationales. Une vision prémonitoire de la mondialisation. 
26. Participation, avec Jean Amrouche, à une émission radiophonique pour le 77ème anniversaire d’André Gide. 
27.  Dans Combat. Série de huit articles intitulée :  Ni victimes ni bourreaux. 6ème article : Le monde va vite. Quelle vision prémonitoire! C’est sidérant : « Le choc d’empires (USA vs URSS) est déjà en passe de devenir secondaire par rapport au choc des civilisations. De toute part, en effet, les civilisations colonisées font entendre leurs voix. Dans dix ans, dans cinquante ans, c’est la prééminence de la civilisation occidentale qui sera remise en question. Autant donc y penser tout de suite et ouvrir le Parlement mondial à ces civilisations, afin que sa loi devienne vraiment universelle, et universel l’ordre qu’elle consacre. »
29.  Dans Combat. Série de huit articles intitulée :  Ni victimes ni bourreaux. 7ème article : Un nouveau contrat social. 
30.  Dans Combat. Série de huit articles intitulée :  Ni victimes ni bourreaux. 8ème et dernier article : Vers le dialogue. 

Décembre 
– Les Camus habitent, en tant que locataires, dans l’hôtel d’Aguesseau, propriété de Gallimard, 18 rue Séguier dans le quartier St-André-des-Arts, à Paris.

La rue Séguier en 2013. Les Camus habitaient au 18, la porte cochère à gauche.




1er. Conférence au couvent des Dominicains du boulevard de La Tour-Maubourg à Paris : L’Incroyant et les Chrétiens. Julien Green, présent, en fait un compte-rendu dans son Journal. Des extraits de cette conférence paraîtront dans Actuelles.
4. Paris. Lettre à Patricia Blake. Il parle de sa série d’articles à Combat : Ni victimes ni bourreaux.
5. Lettre au Garde des Sceaux pour lui demander d’amnistier tous les rédacteurs du journal de la collaboration  Je suis partout, Lucien Rebatet et Pierre-Antoine Cousteau. 
11. Paris. Il participe à une réunion du Club Maintenant dont le sujet est L’apport nord-africain à la littérature moderne. 
13. Paris. Télégramme à Louis Guilloux
15. Paris. Lettre à Yvonne Ducailar
17. Paris. Lettre à Michel Vinaver 
20. Paris. Télégramme à Louis Guilloux
20. Paris. Lettre à Nicola Chiaromonte
21. Lettre à Jean Grenier. Dans cette lettre, les premiers éléments du rejet de la gauche orthodoxe. Position qui le mettra au ban de toute la gauche (les sartriens)  de son époque et qui empoisonnera sa vie.   « Comment rester à l’écart et ne pas dénoncer le mensonge qui empoisonne tout? Tout le monde a peur, se tait et se terre. J’ai voulu parler récemment. Ceux qui pensaient comme moi se sont tus. Les autres, vous devinez la loyauté de leur réponse. (Je pensais à vous et à l’Essai sur l’orthodoxie (œuvre de Grenier). » 
27. Paris. Lettre à Louis Guilloux. « J’ai donné le bouquin (La Peste) ce matin à la fabrication… » « Il est temps d’avouer que le narrateur (de La Peste) est le docteur Rieux lui-même. (…) C’est le secret du livre, son retentissement, et c’est ce qui devrait obliger à le relire, si le livre est réussi. » 
27. Paris. Déjeuner avec Jean Amrouche, Armand Guibert et Jules Roy
30. Paris. Dîner avec Jean Amrouche au restaurant algérien, Hoggar, rue Monsieur LePrince. 
31. Paris. Dîner chez Jean Amrouche avec Henriette, Marc, Jules Roy et Odile de Lalène.